Si toi aussi, tu es blindé.e de préjugés #2

Je ne perds jamais : soit je gagne, soit j’apprends une leçon : il n’y a pas si longtemps, j’entendais cette tirade de N. Mandela.
En effet, en l’espace de quelques mois, j’ai eu l’occasion de vivre concrètement ce principe. Voici comment j’ai aussi bien gagné qu’appris une leçon.

Les clichés vs les clichés

Ma magnifique leçon sur mes préjugés

En janvier 2014, l’indépendante en com’ que je suis s’est décidée à adhérer à une asso d’entrepreneurs, afin de rompre l’isolement. Et pas seulement : dur, dur d’être une entrepreneure solo et davantage lorsqu’on habite dans une banlieue type zone à z (zup, zus, zep, zsp, …) pour envisager d’être considérée à sa juste valeur, que ce soit par les compétences et surtout par le statut d’être humain à qui on peut confier quoi que ce soit.

De plus, les emmerdes de mon fils n’ont pas arrangé les choses, question confiance en soi. Et il y a eu  son ancienne école et les services sociaux qui ont joué la carte ubuesque et kafkaïenne  en tentant de vendre à la Justice que mon boulot (et même les études et formations faits auparavant) étaient néfastes pour le bien-être du bonhomme. Bref, ces facteurs m’ont amenée à freiner ma volonté de sortir une cotisation pour adhérer à quelconque asso et autre club d’entreprises locaux où je n’y aurait pas été de manière assidue, physiquement et mentalement.

Pourtant, j’ai sorti mon chéquier en 2014, en 2015, en 2016 puis en 2017 pour rompre avec ce fichu isolement et pour tenter de constituer un réseau avec les êtres humains qui sont derrière tout entrepreneur.

Quelques arguments du type «  On t’a regardée de haut, avec condescendance et on n’en a rien à cirer des compétences que tu apportes ? Bah, pas de souci, avec nous, ton activité et toi seront considérés à leur juste valeur ! » et le fait que je connaissais déjà un membre de cette asso ont fini de me convaincre de lâcher l’oseille. J’avoue aussi que le bouquet final de l’argumentaire a été le fait qu’on m’a expliqué qu’on connaissait bien la problématique des entrepreneur.e.s domicilié.e.s en banlieue sensible. Soit l’argument de choc qui convainc n’importe qui aura eu droit régulièrement aux clichés et autres préjugés.

Mais revenons à ce fameux membre que je connaissais déjà : il est un photographe doué et fait également de superbes captations audiovisuelles. Eh bien, de sa part de co-adhérent issu des minorités visibles, j’ai eu droit aux meilleurs clichés … via des nombreuses réflexions et punchlines sarcastiques : un mélange détonnant de misogynie et de (appelons un chat un chat) racisme. Effectivement si une personne à la peau caucasienne avait tenu les mêmes propos que ce preneur professionnel de clichés, le ou la malheureux.se se serait vu attribuer une jolie médaille d’or du bon raciste.

Bref, malheureusement ce « cher » co-adhérent n’était pas isolé dans son positionnement : voilà comment, à ce jour, j’ai compris que je me suis payée une belle leçon à plus de 300 balles et beauuuuuuuuuucoup de temps dépensés.

Ma belle victoire sur mes idées préconçues

En octobre 2016, je me suis rendue aux événements fêtant le 4ème anniversaire de l’Aquinum.

L’Aquinum, c’est l’association des professionnels du numérique en Aquitaine à laquelle je suis adhérente depuis 2 ans désormais. Cette organisation ne m’était pas inconnue, au moment de mon adhésion. En tant qu’indépendante en communication, je me rendais régulièrement aux ateliers organisés au Node, un espace de co-working sacrément vivant, en plein cœur du quartier St-Pierre de Bordeaux. Dans ces lieux d’émulations numériques arborant ses pierres apparentes, j’avais l’impression de ne pas y être à ma place alors que j’y rencontrais de nombreuses personnes ouvertes, avec le smile et la bonne humeur. Pourquoi ? Autant on parlait le même vocabulaire pro comme perso, autant il m’était impossible de zapper les positionnements et les propos qui vont avec d’autres entrepreneurs rencontrés auparavant, au sein de la fameuse structure citée dans la 1ère partie de ce billet et dont je préfère, pour l’instant, taire le nom. Et je ne vais y aller par 4 chemins, j’ai eu droit à l’état d’esprit suivant :

« Restons entre nous, entre entrepreneurs issus des minorités, nous sommes aptes à nous comprendre mutuellement »

En fait, cette mentalité (à 2 centimes de francs CFA) s’était distillée insidieusement dans ma tête (et c’est sans parler d’une tentative de communautarisme). Il faut dire qu’en d’autres occasions, j’ai entendu des réflexions du type «  Ha bon ! Tu sais coder en HTML, CSS & cie » et j’ai connu des regards perplexes et étonnés quand j’ai expliqué que je mets en avant l’aspect stratégique avant d’exécuter une conception graphique d’outils de com’. Traduction : mon job consiste à utiliser mon cerveau pour réfléchir au lieu d’exécuter seulement un ordre.

Et que dire de ce charmant monsieur qui, lors d’une rencontre inter-entrepreneur.e, a fait un pas en arrière lorsque j’ai voulu lui serrer la main, afin de faire connaissance : genre, j’ai la gale, quoi !

Et pourtant, malgré tout ça, j’ai fait connaissance plus tard, au sein du Node (et ses pierres apparentes) de personnes qui n’ont pas un cœur de pierre. J’y ai rencontré, entre autres, Glwadys : une sacrée photographe (et co-aquinumienne), blindée de talents et d’humanité qui a su faire tomber ma trouille d’être prise en photo, de peur d’être réduite aux clichés. Des clichés ont été pris de sa part, sous un œil bienveillant, sans que je ne me retrouve à être réduite à des clichés préjugés !


Moralité :
A un.e photographe dépourvu.e de clichés, tu confieras la possibilité de faire des magnifiques clichés de toi

… et le résultats sera positif ^^

Un cliché positif by Glwadys, photographe dépourvu de clichés et de préjugés

Un cliché positif by Glwadys, photographe dépourvue de clichés et de préjugés 😉

Division : petite vadrouille dans les grandes embrouilles

Martin Luther-King disait : « Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots. » Mais qu’on sait qu’il est paradoxalement plus aisé de faire compliqué qu’on peut faire simple …
Et si l’on rajoute les « facilitateurs » de clivage et de division prêts à tout pour mieux régner, on peut dire qu’on est bien embrouillés dans la mélasse … ou pas. Vous allez comprendre pourquoi :

Hommes VS Femmes

Hommes : « Vous êtes des hystériques avec vos revendications de parité, d’égalité … »
Femmes : « Vous n’êtes que des machistes avec vos entêtements à garder le pouvoir, tout décider … »

homme-vs-femme

C’est cynique à dire mais les effets désastreux de ces antagonismes ne font pas de discriminations, ni d’inégalité envers les hommes et les femmes : Bref, tous perdants, au final.

Entrepreneurs VS Salariés

Salarié : « Salauds de patrons qui nous exploitez et qui vous en mettez plein les poches ! »
Entrepreneur : « Nous, on prend des risques, nous … pour créer de l’emploi ! Vous, trouillards, qui bénéficiez de toute la sécurité qu’on n’a pas ! »

C’est bête ; C’est même couillon car on a tous cette aspiration à gagner sa vie tout en souhaitant être utile ! … Peu importe le statut

Producteurs VS Consommateurs

Producteur : « Vous, consommateurs, vous foutez complètement qu’on se tue pour vous nourrir ! »
Consommateur : « Les producteurs nous nourrissent souvent avec de la m**** qui nous tue  ! »

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On aime les bons produits et ça, ça n’a pas de prix. D’autant que perso j’ai adhéré à une initiative locale en ce sens … et je suis loin d’être la seule.

Boulot : Ceux qui en ont un VS Ceux qui en cherchent un

Celui en poste : « On paie pour les alloc’ de ces feignasses de chômeurs. »
Celui qui cherche : « Ceux qui ont un job sont des pleurnichards alors qu’on galère à trouver du taf. »

Illustration extraite du livre - Dico illustré d'une Présumée Cas Soc' -

Illustration extraite du livre – Dico illustré d’une Présumée Cas Soc’ – Alice Diotie – Tous Droits Réservés –

pendant que

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Illustration extraite du livre – Dico Illustré d’une Présumée Cas Soc’ – Alice Diotie – Tous Droits Réservés

Qu’on soit en poste ou en recherche d’emploi, on veut, tous, bosser dans de bonnes conditions.

Enseignants VS Parents

Enseignant : « Vous êtes démissionnaires, les parents. Vous n’éduquez pas bien vos enfants. »
Parent : « Vous êtes démissionnaires, les profs. Vous n’éduquez pas bien vos élèves. »

« Euh ! Et moi dans tout ça ! » se dit l’élève / enfant pendant que les adultes se déchirent tout en voulant conduire les bambins vers leur vie de citoyen / adulte

Urbains VS Ruraux

Urbains : « Toi, le rat des champs, qu’est-ce que tu te pleins ? Toi et tes vaches, ne dit-on pas que le bonheur est dans le pré ? »
Ruraux : « Toi, le rat des villes, tu nous regardes de haut et on en a que pour toi, surtout toi le banlieusard. Tu captes toute l’attention des médias, des politiques, des subventions, …  Alors que, nous, quedalle ! »

Rat des villes Rat des champs

Dessin d’Arthur Rackham – 1912

Qu’on mène une vie trépidante urbaine ou une sereine « solitude » rurale, on aime la vie.
Qu’on mène une trépidante solitude urbaine ou une sereine trépidation rurale, on aime la vie.


Alors au lieu de se foutre sur la gueule, dites-vous ceci :

Notre galère et est la vôtre

Votre galère et est la nôtre

Crédit images ou icônes : Flaticon, Wikimédia

Conscience professionnelle sinon passe ton chemin

Conscience professionnelle : Soin que l’on porte à son travail, à faire son métier.
Définition de l’Internaute

Quand on n’aime pas son job …

Malheur à ceux qui « bénéficieront » du fruit du travail de ceux qui n’aiment pas (ou qui se foutent de) leur métier.

Embaucher une/des personne-s ne prenant pas les soins nécessaires à son boulot peut coûter cher, très cher : les 28 millions d’euros dépensés pour maintenir la Tour de Pise le démontrent.

Tour de Pise - CC - Photo de Saffron BLAZE

Tour de Pise – CC – Photo de Saffron BLAZE

Allergique au cynisme et à l’hypocrisie dus au manque de passion pour son métier ? Passez votre chemin.

Extrait Film Intouchables

Extrait Film Intouchables

ou encore

Extrait Film Intouchables

Extrait Film Intouchables

Au moins, ce 2ème candidat a le mérite d’être honnête !

Cela dit, les conséquences peuvent être dramatiques pour ceux qui « bénéficient » des fruits de ce travail (ex : maltraitance en maison de retraites, etc.). C’est destructeur également pour ceux qui ne savent pas passer leur chemin, loin du job qu’ils n’aiment pas (dépression, burn-out,…).

Quand on kiffe son métier …

Heureux sont ceux qui aiment leur job et ceux qui bénéficient du fruit de leur passion.

Des pros du graphisme lors des Abilympics 2016

Ici des professionnels passionnés lors des Abilympics 2016 démontrant les propos de Denis DIDEROT : « Il faut être enthousiaste de son métier pour y exceller.« 

On a (presque) tous un-e prof ou un-e instit’ dont on se souvient toute sa vie.

Robin Williams

Robin Williams alias Mr Keating dans – Le cercle des poètes disparus – Photo CC via Eva Rinaldi

Ok, celles et ceux qui aiment leur job ne sont pas majoritaires (c’est peu dire, environ 42%).
D’ailleurs, j’ai galéré pour vous trouver des exemples connus de celles et ceux qui aiment leur boulot et qui, par voie de conséquences, font preuve de conscience professionnelle.

Néanmoins, Gandhi ne dit-il pas qu’un arbre qui tombe fait plus de bruit qu’une forêt qui pousse ?
Alors, regardons bien autour de soi : ces gens heureux dans le job, il y en a bien plus qu’on ne le pense.
Certain-es ont même troqué la « sécurité » de l’emploi la source de pognon alias une belle carotte contre la sécurité de leur bonheur.
Ainsi, beaucoup de gens ont quitté, in-volontairement, leur job (ou les conditions de travail) afin de ne pas se faire carotter leur bonheur : ils font, enfin, le job qu’ils aiment … et qui leur rapporte bien plus qu’il ne leur en coûte.

Et, pour vous, votre métier vous rapporte-t-il plus qu’il ne vous en coûte ?

 

Bienvenue à 2016

Bonne année 2016

Et voilà, nous y sommes : bienvenue à 2016. Comme chaque début d’année, arrivent les fameuses bonnes résolutions. Souvent, c’est l’heure des nouveautés, des changements dont on aspire, des projets que l’on souhaite réaliser ou d’anciennes résolutions que l’on a pas tenues les années précédentes.

Bref, pendant 1 à 2 semaines, nous aurons droit à des « J’arrête de … » ou des « Je commence à … » en passant par des « Je décide de … ». Qu’à cela ne tienne, je vous souhaite d’aller là où vous l’avez décidé.

« La logique vous mènera de A à B. L’imagination vous mènera partout. » Albert Einstein

Belle année 2016 à vous.

Nous sommes tous doués en maths … ou pas

Qui ne s’est jamais dit « Je suis en nul(le) en maths » ? Pourtant, les mathématiques font appel à notre raison, notre bon sens et à la logique dont nous sommes tous aptes. L’air de rien, certaines règles de maths peuvent s’appliquer à notre vie quotidienne et notre vie sociale. La règle des signes en est le parfait exemple.

Si on s’amuse à faire un parallèle entre cette rebutante règle logique et la société humaine, on se dira « Avoir la bosse des maths est possible … mais ce sera difficile ».


1. PLUS par MOINS donne MOINS

On veut être mieux payés alors que l’on veut payer toujours moins cher : sauf que cela fait des gens moins bien payés.

Plus-fois-Moins-font-Moins

2. MOINS par MOINS donne PLUS

Selon une définition extraite de mon livre :
Générosité : même les mathématiques sont d’accord ; « moins » fois « moins » font « plus ». Plus on galère, plus on donne. Néanmoins, l’excès de don rime avec « trop bon, trop con ».

Moins-fois-Moins-font-Plus

3. MOINS par PLUS donne MOINS

Pour expliquer l’abstention et les votes contestataires, on reproche à la démocratie beaucoup de choses : elle est dirigée par quelques personnes décidant à notre place et/ou calculant pour se maintenir au pouvoir. En gros, il y a de moins en moins de citoyens impliqués pour de plus en plus de décisions prises à nos dépens.

En fait, trop de citoyens se déchargent totalement sur les politiques, tels des enfants mineurs sur leurs parents. Ceux sont souvent les mêmes qui ne participeront pas à la vie démocratique. Alors qu’il existe des initiatives diverses pour se réapproprier la chose publique, comme constituer une liste pour sa mairie ou dégager un dictateur comme il se doit.

Moins-fois-Plus-font-moins

4. PLUS par PLUS donne PLUS

Face à un système à bout de souffle, les paradigmes de notre société évoluent. On rejette les inégalités, le terrorisme, les guerres, les crises économiques à répétition, … Sous plusieurs aspects, des gens se retroussent les manches pour contrer la fatalité.

Les exemples sont nombreux : on crée son propre emploi ou on reprend les rênes de sa consommation, etc. Bref, on bouge de plus en plus le « biiip!» pour ne plus accepter l’inacceptable.

Plus-fois-Plus-font-Plus


 

La morale :
Alors oui ! Être logique dans la vie comme en maths, c’est intéressant.
Mais gare aux excès : trop de calculs tuent la logique de la vie, n’est-ce pas ?

7 illustrations sur l’hypocrisie

et l’absurdité qui va avec !

La pire des hypocrisies n’est pas celle envers les autres mais celle envers soi-même.

1. Le travail du dimanche

Illustration travail du dimanche

2. Éducation

« Celui qui a la prétention d’enseigner ne doit jamais cesser d’apprendre » – John C. Dana

Illustration enseigner apprendre éducation

3. Notre réaction face à une agression

Reaction face a agression

4. L’accès à la culture

Illustration acces culture

5. La lutte contre l’exclusion sociale

Il y en a qui ont la vocation, le sens humain et du bon sens pour faire ce métier mais il y a les autres …

Lutte exclusion sociale

6. Le racisme et autres discriminations

Qui n’a pas dit et/ou entendu ce fameux « Je ne suis pas raciste mais … » ?

Illustration racisme

7. Le drapeau français, valeur refuge depuis les attentats

Quand on revendique la citoyenneté française, on prend tout ce qui va avec : le drapeau mais aussi la devise, dans son intégralité … pas à la carte, etc.

Illustration citoyennete france

Travailler à la CAF où il y a des cas soc’ ?

Du fait de mon domicile actuel, je me suis intéressée à la diffusion d’un reportage souhaitant faire un état des lieux de banlieues, 10 ans après les émeutes de 2005.

Je regardais tranquillement ce reportage quand soudain, à la 37ème minute et 44 secondes …

Extrait de l'émission Bondy Blog diffusé le 9 novembre 2015 - 22h20 sur France Ô

Extrait de l’émission Bondy Blog diffusée le 9 novembre 2015 – 22h20 sur France Ô

La jeune femme ci-dessus dit :

J’aimerais bien travailler à la CAF où il y a des cas soc’. Moi j’aime bien voir les cas soc’ un peu. Genre aider un peu ! Tu vois, même, quand je suis au guichet des fois. Je me prends pour genre – Non, il faut aller là et tout -. J’aimerais bien faire ça, on verra.

Travailler à la CAF où il y a des cas soc’ ?!

Euh ! Comment dire ? Cette demoiselle m’a choquée, interloquée et déconcertée.

Contexte : cette jeune femme est bachelière. Elle travaille tout en réfléchissant à une reconversion professionnelle. Elle souhaite trouver un nouveau job, en accord avec son emploi du temps de vie de maman élevant en solo ses 2 petits garçons.

Je ne connais pas l’intégralité de la vie de cette maman mais je me doute qu’elle doit être, comme beaucoup de concitoyens, allocataire de cette fameuse Caisse des Allocations Familiales. Sans être devin, elle a droit à l’APL (logement) et les Allocations Familiales (car 2 enfants à charge).

Bref, c’est moi ou cette jeune femme s’est donc « auto-traitée » de cas soc’ alors que le reportage où elle apparaît cherche, entre autres, à casser les préjugés sur les habitants de banlieue traités souvent comme des citoyens de 2nde zone et de … cas soc’.

Sinon, si un jour cette femme me lit, je souhaiterai lui dire :

Non, Madame, les gens qui contactent ou se déplacent à la CAF ne sont pas obligatoirement des cas sociaux. Il y a, certes, des personnes qui sortent des cadres, dans la marginalisation et/ou perdues dans tout ce qui est « paperasse » : on ne va pas se mentir. Mais de là à faire des généralités.

Au fait, Madame, la CAF concerne aussi des citoyens lettrés, des diplômés, des travailleurs, des entrepreneurs, des allocataires bien insérés et contributeurs de cotis’ qui alimentent le budget de cette même CAF dont vous parlez.

J’ajoute à cela des personnes qui sont autonomes et aptes à effectuer leurs démarches administratives. (Voir un post précédent sur ce sujet)

En 1998, j’ai emménagé dans une résidence étudiante. Fraîchement majeure et ne vivant plus au domicile des parents, j’ai donc fait un dossier d’Allocation Logement à la CAF. Je l’ai accompagné de toutes les pièces justificatives demandées, sans aucune difficulté. Puis, plus de nouvelles : pendant 8 mois, les 3/4 de ma bourse étudiante (CROUS) ont payé mon loyer (hors carte de bus, resto U, mutuelle santé, etc.). Avant de trouver un job étudiant à côté, j’ai donc mangé des pâtes, des pâtes et même pas des Panzani.

Pourquoi ? Parce que je n’avais pas coché la case [Mademoiselle] et c’est tout. Le reste du dossier était parfaitement rempli.

Alors, Madame, s’il vous plaît, par pitié même, ne choisissez pas un métier requérant des qualités humaines et du pragmatisme, si vous en êtes dépourvue.