Travailler à la CAF où il y a des cas soc’ ?

Du fait de mon domicile actuel, je me suis intéressée à la diffusion d’un reportage souhaitant faire un état des lieux de banlieues, 10 ans après les émeutes de 2005.

Je regardais tranquillement ce reportage quand soudain, à la 37ème minute et 44 secondes …

Extrait de l'émission Bondy Blog diffusé le 9 novembre 2015 - 22h20 sur France Ô

Extrait de l’émission Bondy Blog diffusée le 9 novembre 2015 – 22h20 sur France Ô

La jeune femme ci-dessus dit :

J’aimerais bien travailler à la CAF où il y a des cas soc’. Moi j’aime bien voir les cas soc’ un peu. Genre aider un peu ! Tu vois, même, quand je suis au guichet des fois. Je me prends pour genre – Non, il faut aller là et tout -. J’aimerais bien faire ça, on verra.

Travailler à la CAF où il y a des cas soc’ ?!

Euh ! Comment dire ? Cette demoiselle m’a choquée, interloquée et déconcertée.

Contexte : cette jeune femme est bachelière. Elle travaille tout en réfléchissant à une reconversion professionnelle. Elle souhaite trouver un nouveau job, en accord avec son emploi du temps de vie de maman élevant en solo ses 2 petits garçons.

Je ne connais pas l’intégralité de la vie de cette maman mais je me doute qu’elle doit être, comme beaucoup de concitoyens, allocataire de cette fameuse Caisse des Allocations Familiales. Sans être devin, elle a droit à l’APL (logement) et les Allocations Familiales (car 2 enfants à charge).

Bref, c’est moi ou cette jeune femme s’est donc « auto-traitée » de cas soc’ alors que le reportage où elle apparaît cherche, entre autres, à casser les préjugés sur les habitants de banlieue traités souvent comme des citoyens de 2nde zone et de … cas soc’.

Sinon, si un jour cette femme me lit, je souhaiterai lui dire :

Non, Madame, les gens qui contactent ou se déplacent à la CAF ne sont pas obligatoirement des cas sociaux. Il y a, certes, des personnes qui sortent des cadres, dans la marginalisation et/ou perdues dans tout ce qui est « paperasse » : on ne va pas se mentir. Mais de là à faire des généralités.

Au fait, Madame, la CAF concerne aussi des citoyens lettrés, des diplômés, des travailleurs, des entrepreneurs, des allocataires bien insérés et contributeurs de cotis’ qui alimentent le budget de cette même CAF dont vous parlez.

J’ajoute à cela des personnes qui sont autonomes et aptes à effectuer leurs démarches administratives. (Voir un post précédent sur ce sujet)

En 1998, j’ai emménagé dans une résidence étudiante. Fraîchement majeure et ne vivant plus au domicile des parents, j’ai donc fait un dossier d’Allocation Logement à la CAF. Je l’ai accompagné de toutes les pièces justificatives demandées, sans aucune difficulté. Puis, plus de nouvelles : pendant 8 mois, les 3/4 de ma bourse étudiante (CROUS) ont payé mon loyer (hors carte de bus, resto U, mutuelle santé, etc.). Avant de trouver un job étudiant à côté, j’ai donc mangé des pâtes, des pâtes et même pas des Panzani.

Pourquoi ? Parce que je n’avais pas coché la case [Mademoiselle] et c’est tout. Le reste du dossier était parfaitement rempli.

Alors, Madame, s’il vous plaît, par pitié même, ne choisissez pas un métier requérant des qualités humaines et du pragmatisme, si vous en êtes dépourvue.

Vous avez dit Impôts ?

Impôts : en toute franchise, ils font mal telle la piqûre de vaccin. Au final, on en profite tous. Seulement, parfois ils font mal telle la piqûre de guêpe comme le fait de voir 120 000 euros dépensés pour un autisme imaginaire. De la même manière, l’autisme (avéré) provoque une dilapidation de plus de 10 000 000 000 euros (oui ! Il s’agit bien de 10 milliards) pour des prises en charge médicales inadaptées et, parfois, maltraitantes, dans le doux pays des Droits de l’Homme et du Citoyen. […] Petite suggestion sans prétention : avec une gestion rationnelle, une vocation claire et définie, les impôts et autres taxes auraient une meilleure réputation.

Billet de banque Euro

Euro Banknotes – par Mister GC – FreeDigitalPhotos.net

Comme toutes les fins du mois d’octobre, j’ai reçu ma feuille de taxe d’habitation et dans une semaine arrivera ma feuille de Cotisation Foncière des Entreprises (ex-Taxe Professionnelle) liée à mon activité indépendante.

NB : au moins vis-à-vis de l’administration fiscale, aucune discrimination comme le font certains entrepreneurs sous un statut juridique ou un régime fiscal différent. Les Auto-Entreprises sont traitées comme de vraies entreprises #VerreAMoitiéPlein

Bref, je suis fière de participer à l’effort national et local, d’autant que je bénéficie d’un bon retour : la sécu., mon APL (logement), les travaux et/ou entretien d’infrastructures publiques, mon fils qui va à l’école, l’Hôpital, la Police et tout ce que qu’on ne voit pas en coulisses.

Néanmoins, j’ai mal à la tête, au bide et même aux cheveux lorsque je constate des dilapidations dénoncées, au niveau local ou national.

Exemple récent (à découvrir sur le dossier Argent du livre) : l’Assurance Maladie via l’ITEP Bellefonds de Cenon a dépensé joyeusement pas moins de 120 000 euros pour prendre en charge, pendant 4 ans, l’autisme de mon fils … sauf que le diagnostic était complètement bidon, fictif et argumenté par des déclarations fausses sur certificats médicaux.
La facture aurait pu être plus salée si la présumée idiote que je suis avait fermé les yeux. Mon fils n’aurait jamais été scolarisé, il aurait terminé en établissement médico-social pour déficient intellectuel et, pourquoi pas, en hôpital psychiatrique. En effet, on a tendance à envoyer au casse-pipe des enfants et adultes autistes (ou autre trouble du spectre autistique) vers un avenir « prometteur » : exclusion de la société, bourrage de médoc’ à en devenir un zombie qui, pour beaucoup, les amène à une mort vers 40-50 ans.

J’ai préféré un avenir « moins ambitieux », au grand dam de certaines personnes : mon fils est à l’école, n’a jamais redoublé, il travaille et il a la bosse des maths. Du fait d’un trouble de l’attention (TDAH) non diagnostiqué par les « lumières » de l’ITEP Bellefonds, il suit actuellement ses séances orthophoniques de rééducation attentionnelle, avec la même motivation qu’un Renaud Lavillenie (et non Lavillonie) en plein entraînement. Il envisage déjà, du haut de ses 11 ans, de s’orienter dans le domaine de la construction (génie civil dans le bâtiment ou les infrastructures routières … que nous payons avec des impôts et taxes pour l’entretien et/ou travaux).

Alors oui, je suis fière de payer tant qu’avec mon pignon, on construit.

Vous avez dit Démarches Administratives ?

Odyssée : pas mal de démarches administratives ressemblent à ce type de péripéties. Tels des Ulysse, la plupart des usagers y rencontrent des difficultés, non pas qu’ils soient idiots et illettrés (ou atteints de phobies) mais parce que ces aventuriers administratifs sont plutôt confrontés au « Pourquoi faire simple qu’on peut faire compliqué ? ».

Cela dit, on promeut la simplification via la révolution numérique des administrations comme les Impôts, les Assurances Maladie, la CAF, etc. C’est bien tant qu’on n’a pas affaire aux bugs et autres :

Par exemple, j’ai créé mon espace sur le site du RSI (Régime Social des Indépendants) puis je devais recevoir la confirmation de création de ce compte, en 2012. Formidable : ainsi, moins d’arbres sacrifiés pour des échanges épistolaires soutenus via courriers, relevés de remboursement, etc. et davantage de rapidité pour les démarches administratives avec mon assurance maladie.
… Sauf l’e-mail de confirmation n’est jamais arrivé, mon message de réclamation via le formulaire de contact a obtenu aucune réponse et mon coup de fil a abouti sur un « On va faire quelque chose pour y remédier » après moins de 3 minutes de conversation formatée par un centre d’appel extérieur au RSI et facturée 0.15 centimes/minute + coût de l’opérateur.
Bref, nous sommes en 2015, j’attends toujours l’accès à mon compte numérique.
NB : Je ne reçois plus de relevés papier. Au moins les arbres y trouvent leur compte, eux 🙂