Si toi aussi, tu es blindé.e de préjugés …

Comme vous l’aurez compris, j’ai écrit un dico, celui d’une présumée cas soc’ : soit une compilation en haute définition des « joyeusetés » apportées par les préjugés.

Penchons-nous alors sur le préjugé : il naît de l’ignorance totale ou partielle. Et quand on ne connaît pas ou peu, on a peur.

Justement la peur : pour affronter la vie, nous sommes de plus en plus à nous y réfugier.
Autant la peur fait partie de l’instinct de survie : sinon, on aurait été tous mangés par des animaux sauvages ou on aurait mangé des accidents bien graves. Toutefois, pourquoi en faire un refuge ?
Alors voici 4 raisons pour lesquelles je me pose des questions.

1 . Car les idées reçues peuvent nous rendre ridicule en public

Mercredi  15 mars 2017 : Entre ce moment où j’ai récupéré mon fils du sport et celui où on avait un rendez-vous médical, j’ai décidé de faire une course express dans un hyper du coin. Après y avoir croisé 2 jeunes bénévoles tractant pour une asso de clowns œuvrant dans les hôpitaux, on y a croisé un client du magasin, à la caisse :

– Ce monsieur : « Beh ! Je travaille pas à Auchan, moi »

– L’hôtesse de caisse : « Je vous demande juste de mettre la barre pour savoir où s’arrêtent vos achats, c’est tout »

– Le monsieur : « Vous avez qu’à demander à l’assistée de le faire, qu’est-ce que vous m’embêtez là »

– L’hôtesse de caisse : « … »

– Le même monsieur en ma direction : « Oui, vous là, l’assistée ! Z’avez qu’à mettre la barre là »

– Moi : « Euh ! C’est à moi que vous parlez comme ça !!! D’une chose l’une, d’où vous m’agressez et … »

– Le monsieur : « Ouais ! Toi là ! Tu verras dans 2 mois ! Dehors ! … »

– L’hôtesse de caisse : « Mais monsieur … »

– Le monsieur : « Elle fera moins la maligne dans 2 mois, la négresse, espèce d’assistée … »

– Mon fils : « C’est quoi son problème ?  »

Le gars, il a un souci, je crois, non ? Cela dit, il aurait pu être dans une position plus ridicule que celui qui suit.

2 . Car les a priori peuvent nous faire perdre notre latin et notre orthographe

Effectivement, des personnes enfermées dans le si douillet refuge qu’est la peur sont susceptibles d’être larguées : socialement, moralement, … et linguistiquement !

Euh ! Quel rapport avec la langue de Molière, vous me direz ? Sans plus attendre, démonstration avec Jean Louis, fâché avec le fait qu’Abdelghani  Merah, l’ainé de la fratie de M. Merah, ait effectué une marche contre l’intégrisme religieux.

Capture d'écran d'une conversation sur Facebook concernant la marche Abdelghani Merah

Capture d’écran d’une conversation sur Facebook autour cette marche

CQFD ou ce fut l’histoire d’un mec qui, fâché avec lui-même (donc avec quasi tout le monde) s’en retrouva fauché intellectuellement et orthographiquement !

De plus, Jean Louis en a perdu sa lucidité car quand on sait qu’Abdelghani  Merah a eu les tripes de rompre avec sa famille à la dérive, de filmer en caméra cachée sa sœur, Souad, tombée elle aussi dans l’intégrisme afin de la dénoncer, … Ouais, il faudrait trouver une bonne explication pour justifier les propos de Jean Louis, fâché et fauché par ses a-priori.

3 . Car nos préjugés issus de nos peurs (et vice-versa) sont une vraie prison

Comme dit précédemment via quelques articles postés où j’ai partagé les péripéties scolaires de mon fils, j’ai développé une crainte, pour ne pas dire pétoche, envers l’institution éducative … à tort et à raison.

A raison car personne ne pourra justifier la normalité du harcèlement scolaire, de la passivité de quelques agents de l’Éducation nationale en collusion avec des parents démissionnaires et/ou avec des serviteurs de la mission publique et sociale.

A tort car il existe ces irréductibles agents qui résistent encore et toujours à la sirène du dogmatisme … et des préjugés ; Leur potion magique ? La passion du métier et leur conscience professionnelle.

En effet, lors de la réunion pour la mise en place du plan d’accueil personnalisé (PAI) afin de prendre en compte les soucis d’attention de mon fils, l’équipe pédagogique a fait un bel hommage à l’étymologie du mot « pédagogie » qui mentionne le mot grec « enfant » : D’ailleurs, le bonhomme étant le premier concerné par le PAI, il y a été présent et a eu droit à la parole et à l’écoute.

Loin des bégaiements stériles et lucratifs de leurs homologues rencontrés auparavant tels que ceux « œuvrant » en AEMO, ils ont fait le job et pas seulement. En reprenant les termes de la conseillère principale d’éducation (CPE), mon fils est un élève au collège L.L.

NB : je vous citerais bien le nom de ce collège seulement, je préfère protéger mon fils qui a obtenu une dérogation pour le protéger et l’éloigner de gamins à la dérive.

Bref, l’entrée de mon fils dans ce collège nous a fait passer de ça

à ça

Bref, à l’équipe de ce collège : MERCI

4 . Car les idées préconçues aboutissent à des quiproquos humiliants

Dans la raison n°1 de ce billet, j’étais, selon le monsieur énervé de la vie, une négresse assistée qui allait dégager à mon territoire d’origine :

  • Le ventre de ma mère ? Sauf que mes 1,70 m bien entamés vont avoir du mal à s’y réinstaller et pas sûre que ma mère soit d’accord.
  • Ou alors Pessac (33 – Gironde), ma ville natale ? Pourquoi pas ? Ça fait désormais 13 mois que mon bailleur actuel m’a expliqué que ma demande de mutation allait être traitée en urgence : Soit une démarche qui prendrait 3 à 4 mois environ.

En effet, suite à une violente agression à domicile, fruit de l’exportation des violences scolaires hors des murs de l’école, j’ai décidé de divorcer avec la vie d’habitante d’une commune qui m’écœure ;

Oui Floirac, cette commune qui a accueilli, dimanche 19 mars, le tournage d’un clip du rappeur Fianso ou Sofiane ; Seulement l’événement est parti en cacahuète, bisbilles entre spectateurs, jets de cailloux et autres projectiles, le tout suivi d’une intervention policière.

Le tournage du clip de Sofiane en commentaires (capture d'écran Facebook) 1/3

Le tournage du clip de Sofiane en commentaires (capture d’écran Facebook) 1/3

Jusqu’ici, tout va bien …

Le tournage du clip de Sofiane en commentaires (capture d'écran Facebook) 2/3

Le tournage du clip de Sofiane en commentaires (capture d’écran Facebook) 2/3

Jusqu’ici, tout va (presque) bien …

Le tournage du clip de Sofiane en commentaires (capture d'écran Facebook) 3/3

Le tournage du clip de Sofiane en commentaires (capture d’écran Facebook) 3/3

Le plus dur n’est pas la chute, mais l’atterrissage

Ou comment en 4 jours, je suis passée de « négresse assistée » à « connasse susceptible de voter FN » car n’étant pas d’accord avec des filles jouant les victimes exagérées de la société et de la police. Dont acte !

Entre nous, les yeux dans les yeux, cas soc’ ou pas, présumé cas soc’ ou pas, on est tous atteints de « préjugé-ite » plus ou moins grave. Pour en réduire efficacement les symptômes, mieux vaut apprendre à ouvrir les yeux … de la raison, n’est-ce pas ?

4 fantastiques raisons d’aimer la patience

4 mois de silence pour ces raisons : 3 boulots, 2 boulets, 1 bel événement pour 0 raison de douter. La vie est belle avec son meilleur, en dépit de son pire.

4 jours de mise en page loin d’une mise en cage

C’est le temps passé pour avoir mis en page la version papier de mon livre qui a amené du bon, ses belles rencontres et témoignages inoubliables ;

TEDx-Bordeaux_Alice_DIOTIE

En remerciant Guillaume Lefèvre – www.punchmemory.com – et toute l’équipe de TEDx Bordeaux

4 mois d’impression de jouer à Jumanji

PV agression

Suite « logique » à d’autres événements

Il y a eu aussi du « moins bon » : les menaces et représailles qui vont avec. En fait, -du moins- entre guillemet car comme les agriculteurs, j’ai appris qu’on peut prendre la m**** pour en faire de l’engrais. Bref, prochaine étape de cette partie de Jumanji, un déménagement bienvenu vers un environnement plus vert.

4 ans de bêtise humaine

De 2012 jusqu’il y a 2 mois, des crétins aussi sourds que ce monsieur

Non, je ne veux pas entendre

Jim Carey dans Dumd and Dumber

ont voulu enfermé mon drôle dans une vie moins drôle : du moins une non-vie teintée d’absence de scolarité, tentative de placement sous couvert d’un diagnostic médical bidon au coût qui l’est moins (120 000 euros pour la sécu + env. 20 000 euros de frais de justice, sans compter les à-côtés). Bref, les péripéties d’un gamin ont mis en lumière la bêtise déterminée d’une poignée de « professionnels » non déterminants pour le monde de l’Éducation et celui de la santé. En effet, selon eux, le drôle aurait dû se ramasser comme un rien, dès le CP, en ne sachant ni lire, ni écrire, ni compter, etc.

Notification-passage-6-eme

En effet ! il aurait dû se vautrer avant le CM2

Malgré les boulets destructeurs, le loupiot se construit dans son projet de bosser, plus tard, dans les Travaux Publics. (en remerciant les derniers Abilympics dont j’en dirai plus lors du prochain billet)

4 décennies debout

… Enfin presque car j’ai quasiment 36 ans ;). Cela dit, j’ai bientôt passé 4 décennies d’existence à croiser en chemin de belles personnes et aussi des irresponsables aux (in)actions bien laides.

C’est aussi un temps pour constater que certains se gargarisent de petites phrases et / ou des actions pour se sentir moins petit.

C’est surtout un temps à constater que cette minorité de « certains » fait autant de bruit que du vent. Elle fait plus de bruit qu’une majorité qui , elle, agit et demeure debout jour et nuit;

On pourrait croire que je m’adresse aux responsables politiques français dont on déplore l’absence d’actions concrètes et constructives depuis ces 4 dernières  décennies. En fait oui et non ! Non car il est trop facile de se défausser sur ces êtres humains comme vous et moi.

En fait, je m’adresse particulièrement aux adeptes de l’idéologie, l’inertie et de l’ignorance.

Et, pour en finir, un petit jeu qui peut prendre 4 jours, 4 mois, 4 ans ou 4 décennies :

Prenez deux principes de vie « dogmatisme » et «  pragmatisme ».

Mettez-les en miroir

De ces deux principes, lequel réfléchit le mieux ?

École publique REP : école républicaine ?

« Après les attentats de Janvier 2015, tout le monde s’est tourné vers l’École. […]. Comment faire en sorte d’éduquer nos enfants, pour que certains ne finissent pas par tomber dans la radicalisation et le terrorisme ? « 

Emission-Mme-N-Vallaud-Belkacem-Supplement24-01-16-Canal+

Mme la Ministre de l’Éducation Nationale – Supplément du 24 janvier 2016 sur Canal +

Bonne question de Madame la Ministre, Najat Vallaud-Belkacem. En effet, lorsqu’on connaît le parcours de cette dame, on se dit que l’école républicaine peut emmener nos gosses vers la citoyenneté et un avenir solide. Mais qu’on sait ce qui suit, dans une école REP que fréquente mon fils, on peut se poser la même question que notre ministre.


Zéro (de conduite) : jadis, on donnait ce titre honorifique pour des mauvais comportements, notamment dans l’enceinte d’une école. C’est pourquoi, je vous propose une petite devinette après la lecture de ce courrier adressé, un jour de janvier 2015, à des professionnels de l’éducation.

NON MERCI POUR CES MOMENTS INCOHÉRENTS

« Celui qui désespère des événements est un lâche, mais celui qui espère en la condition humaine est un fou. » Albert Camus – Extrait des Carnets.

« En vérité, le chemin importe peu, la volonté d’arriver suffit à tout. » Albert Camus – Extraits de Le mythe de Sisyphe.

Chers acteurs de l’Éducation Nationale de l’école A. Camus de Floirac,

Le 22 janvier 2015, Madame la ministre de l’Éducation Nationale, Najat Vallaud-Belkacem, nous présentait un ensemble de mesures, afin que l’École se (re)mobilise autour des valeurs républicaines. En effet, l’institution qu’est l’École est, sans aucun doute, un révélateur de notre société. Suite aux événements tragiques du 7, 8 et 9 janvier 2015, une minute de silence a été organisée dans toutes les écoles de France, au lendemain des assassinats de Frédéric, technicien d’entretien, de journalistes, dessinateurs (dont Cabu de mon enfance) et collaborateurs du journal Charlie Hebdo et d’Ahmed, policier. Et comme je le disais précédemment, l’École française est bel et bien un révélateur de la société française.

Autant cette minute de silence s’est déroulée avec dignité dans la majorité de 64000 établissements scolaires, il ne faut pas nier les quelques 200 incidents (chiffres officiels) prouvant un gros malaise. Je parle de chiffres officiels car, dans votre établissement, des incidents sont survenus pendant ce moment de recueillement et de rassemblement dans ce lieu qu’est l’École de la République. Seulement, aux dires d’une élue de la commune, tout s’est bien déroulé comme dans le meilleur des mondes, dans le secteur de Floirac Dravemont.

Alors que mon fils et 5 autres de ses concitoyens se recueillaient avec des sentiments mêlés de consternation, d’incompréhension et de peur face au fléau du terrorisme, certains de leurs voisins et, accessoirement, concitoyens se donnaient à cœur joie avec du brouhaha, des « Ouais, c’est bien ce qu’ils font. », « Quand je serai grand, j’aimerais être comme eux. » et d’un prometteur « J’espère qu’ils attaqueront d’autres dessinateurs.». Ce florilège de joyeusetés dont les effets provoquent tout sauf le rire fut interrompu brièvement par une institutrice d’un « Vous pouvez arrêter » avant de s’entendre rétorquer d’un « Oh, c’est bon ! ». Et c’est ainsi ce manque de respect fut relayé à la directrice de l’établissement qui résolut ce problème par « 10 minutes au coin ».

Chers promoteurs de l’École républicaine certes située dans une ZEP nouvellement qualifiée de REP mais une institution de la nation avec un « I » majuscule, « Bravo » pour cette réponse ferme, pédagogique et éducative qui n’a pas franchement convaincu mon fils et les 5  autres témoins de cette scène d’apologie au terrorisme (appelons un chat, un chat). « Bravo » car l’inefficacité de la réponse de l’autorité éducative a amené des questionnements légitimes d’enfants exprimés par des « Qu’est-ce qu’il vous prend de dire ça ? » et des « Non, mais ils sont malades ! » en direction de groupe d’élèves qui n’avaient que des « Ta gueule » en guise d’explication. Faute d’avoir une réponse rassurante face à ces incidents, une des élèves témoins a alors adressé ses interrogations à une personne peut-être plus à même de la rassurer : à savoir une institutrice ; et … rien, le néant, aucune réponse à son « Mais pourquoi ils ont dit ça ? ». Ainsi les élèves interloqués par les intrigantes déclarations d’autres en sont restés là car résignés par de l’inertie des représentants de l’autorité ; en même temps, pourquoi réagiraient-il et agiraient-il sur cette minorité de concitoyens contestataires ? Ces mêmes concitoyens qui frappent, insultent et menacent autrui en quasi-totale impunité car, en réponse, « on » résout également ces problèmes par des …« 10 minutes au coin » ;

C’est pourquoi chers « co-éducateurs » de futurs adultes citoyens français, non merci pour ces moments incohérents régis peut-être par la règle du « Pas de vague ». Merci d’avance de vous (re)mobiliser autour des valeurs républicaines qui feront que la génération de mon fils puisse vivre en réelle liberté, égalité et surtout en sincère fraternité.

D’autant que je suis amplement convaincue de votre aptitude à agir concrètement : souvenez-vous par exemple comment l’équipe éducative de votre établissement s’est mobilisée à coup de sommations, nombreux appels téléphoniques, lettres et réunions le tout ponctué d’un signalement auprès du procureur de la République, afin d’envoyer (sans succès) un de vos élèves vers un IME, ITEP ou autre établissement spécialisé car vous étiez persuadés (à tort) qu’il était atteint d’une forme d’autisme et de déficience intellectuelle. Souvenez-vous comment votre ancienne psychologue scolaire s’est mobilisée en réunissant tous les enfants de l’école pour leur dire (citant les propos d’une élève) « Cet élève est fait pour un établissement spécial pour attardé mental ». Souvenez-vous comment vous étiez aptes à vous mobiliser pour un autre élève qui subissait les coups, menaces et insultes commis par les mêmes contestataires cités précédemment … en faisant injection à sa mère de retirer son enfant de la cantine (Ainsi en excluant la victime, vous auriez résolu le problème causé par d’autres).

Oui, je suis sûre, vous pouvez vous mobiliser, vous remobiliser et vous (sur)mobiliser.

Alors mobilisez-vous, chers enseignants de l’école A. Camus après avoir attentivement lu et compris l’ensemble des mesures qui, malheureusement, auront dû attendre de prendre de l’importance après les agissements de 3 pauvres débiles meurtriers (Je reste polie car mes parents et mes anciens enseignants ont fait le job pour que je puisse me contenir au possible dans mes propos).

Enfin, le dimanche 4 janvier dernier, j’écoutais l’interview d’Esther Duflo, une économiste française. Elle intervenait naturellement sur le sujet de l’économie et expliquait qu’elle combattait les 3 « I » dans le cadre de la lutte contre la pauvreté : Idéologie, Inertie et Ignorance. Puis 3 jours plutard, je me suis rendue compte que ces 3 « I » étaient également à combattre dans le cadre de l’Éducation et de la Citoyenneté, afin de prévenir le fléau de la barbarie et celui de la connerie (désolé, mais là encore appelons un chat un chat).

Alors que nous (enseignants, parents, enfants, nos élus représentants, etc.) sommes tous actuellement dans la remise en question salvatrice de nos valeurs et notre identité humaine, sachez que faire une erreur n’est pas une connerie. La vraie connerie est de nier l’erreur et ses leçons constructives qui vont avec.

En vous remerciant d’avance, chers « co-éducateurs » de l’école A. Camus,

Une maman floiracaise qui vous fait entièrement confiance, à partir du moment où le bon sens sera du mise.

Chose promise, chose due, la devinette :

NB : inutile d’aller sur Google pour lui poser la question, il vous dira « Bon courage ».

Tu sais que tu habites à Floirac quand …

Harcèlement et violences scolaires :

Harcelement-scolaire

Quand ton fils subit et est témoin de violences, sous le silence étrange de l’équipe éducative.
En juin 2014, un des camarades a tenté de se suicider, dans l’enceinte de l’école A. Camus. Il a saisi un couteau qu’il venait de prendre dans le réfectoire afin de se l’enfoncer dans le cœur. Pourquoi ? Il n’en pouvait plus des coups et des insultes quasi-quotidiens. Il était surtout désabusé par l’apathie, voire la complaisance des adultes encadrants de son établissement scolaire.

Violences urbaines :

Quand tu marches le 1er janvier dans de la mousse dispersée sur le parking de ta résidence. Cette mousse ? Il s’agit de l’eau savonneuse qu’ont utilisée les pompiers pour éteindre un véhicule incendié, sous l’œil « bienveillant » d’une caméra de vidéosurveillance fraîchement installée par la mairie. On peut dire que le passage à 2016 a été bien fêté : pneus d’autres véhicules crevés, tous les abribus du terminus du tram A complètement éclatés, etc. 11 jours plutard, tu prends ta voiture pour partir au boulot, un peu fatiguée malgré tes 2 mugs de café. C’est finalement le joint longeant la vitre côté passager qui te réveille définitivement pour la journée. On a tenté de le lever pour entrer (par effraction) dans ton véhicule pour le visiter ou pour le voler. Alors si toi aussi, tu as du mal à émerger de ton sommeil à 7 heures avant de prendre le volant, ce type de réveil est tout indiqué.

Préjugés :

Quand tu collectionnes les quolibets douteux du type « Ah bon, vous lisez ?! » ou des charmantes remarques comme « Attention à la cagnotte pour acheter la nouvelle cafetière ! Hein Alice, vu que tu vis sur Floirac Dravemont » de la part de collègues qui « plaisantent » sur le fait que tu es devenue une voleuse potentielle, par ton lieu de résidence.
Sinon c’est quand ton fils rentre de l’école et te dit que l’institutrice a fustigé toute la classe en disant que :
« Vous êtes tous des enfants à l’abandon dehors, vous passez votre temps à jouer aux jeux vidéo, à garder vos nombreux frères et sœurs et vous ne faites jamais vos devoirs ».
Euh ! Chère Mme Triballeau, vous avez trop abusé de la télé.

Environnement exceptionnel :

Quand tu enchaînes les avantages d’un cadre de vie agréable et chaleureux.

Ambiance-chaleureuse-de-Floirac-33270

Santé :

Quand la Maison Départementale de la Solidarité et de l’Insertion (MDSI) de Floirac a les moyens de faire dépenser pas moins de 120 000 euros, via l’assurance maladie, pour un autisme imaginaire de ton fils. Et que cette structure porte bien son nom : elle a su se montrer solidaire avec l’établissement socio-médical qui a bénéficié du pactole. « Si cet établissement a produit des fausses déclarations sur certificats médicaux, c’est de votre faute». C’est par ces propos que ta MDSI tentera de protéger ces collègues faussaires tout en t’envoyer au tribunal, via un signalement, afin de t’occuper et te faire déguster pour avoir eu l’indélicatesse de briser la loi du silence.

Conseil-Departemental-Gironde-MDSI-Floirac

Dessin extrait du Dico Illustré d’une Présumée Cas Soc’

Verre à moitié plein :

Quand tu galères pour trouver des points positifs à vivre dans cette commune à Z (ZSP, ZUS, ZUP, …), à part vivre avec ce principe « Ce qui ne tue pas rend plus fort » et d’en sortir un livre.

En résumé,

FLOIRAC-MA-VILLE ... ou pas

Travailler à la CAF où il y a des cas soc’ ?

Du fait de mon domicile actuel, je me suis intéressée à la diffusion d’un reportage souhaitant faire un état des lieux de banlieues, 10 ans après les émeutes de 2005.

Je regardais tranquillement ce reportage quand soudain, à la 37ème minute et 44 secondes …

Extrait de l'émission Bondy Blog diffusé le 9 novembre 2015 - 22h20 sur France Ô

Extrait de l’émission Bondy Blog diffusée le 9 novembre 2015 – 22h20 sur France Ô

La jeune femme ci-dessus dit :

J’aimerais bien travailler à la CAF où il y a des cas soc’. Moi j’aime bien voir les cas soc’ un peu. Genre aider un peu ! Tu vois, même, quand je suis au guichet des fois. Je me prends pour genre – Non, il faut aller là et tout -. J’aimerais bien faire ça, on verra.

Travailler à la CAF où il y a des cas soc’ ?!

Euh ! Comment dire ? Cette demoiselle m’a choquée, interloquée et déconcertée.

Contexte : cette jeune femme est bachelière. Elle travaille tout en réfléchissant à une reconversion professionnelle. Elle souhaite trouver un nouveau job, en accord avec son emploi du temps de vie de maman élevant en solo ses 2 petits garçons.

Je ne connais pas l’intégralité de la vie de cette maman mais je me doute qu’elle doit être, comme beaucoup de concitoyens, allocataire de cette fameuse Caisse des Allocations Familiales. Sans être devin, elle a droit à l’APL (logement) et les Allocations Familiales (car 2 enfants à charge).

Bref, c’est moi ou cette jeune femme s’est donc « auto-traitée » de cas soc’ alors que le reportage où elle apparaît cherche, entre autres, à casser les préjugés sur les habitants de banlieue traités souvent comme des citoyens de 2nde zone et de … cas soc’.

Sinon, si un jour cette femme me lit, je souhaiterai lui dire :

Non, Madame, les gens qui contactent ou se déplacent à la CAF ne sont pas obligatoirement des cas sociaux. Il y a, certes, des personnes qui sortent des cadres, dans la marginalisation et/ou perdues dans tout ce qui est « paperasse » : on ne va pas se mentir. Mais de là à faire des généralités.

Au fait, Madame, la CAF concerne aussi des citoyens lettrés, des diplômés, des travailleurs, des entrepreneurs, des allocataires bien insérés et contributeurs de cotis’ qui alimentent le budget de cette même CAF dont vous parlez.

J’ajoute à cela des personnes qui sont autonomes et aptes à effectuer leurs démarches administratives. (Voir un post précédent sur ce sujet)

En 1998, j’ai emménagé dans une résidence étudiante. Fraîchement majeure et ne vivant plus au domicile des parents, j’ai donc fait un dossier d’Allocation Logement à la CAF. Je l’ai accompagné de toutes les pièces justificatives demandées, sans aucune difficulté. Puis, plus de nouvelles : pendant 8 mois, les 3/4 de ma bourse étudiante (CROUS) ont payé mon loyer (hors carte de bus, resto U, mutuelle santé, etc.). Avant de trouver un job étudiant à côté, j’ai donc mangé des pâtes, des pâtes et même pas des Panzani.

Pourquoi ? Parce que je n’avais pas coché la case [Mademoiselle] et c’est tout. Le reste du dossier était parfaitement rempli.

Alors, Madame, s’il vous plaît, par pitié même, ne choisissez pas un métier requérant des qualités humaines et du pragmatisme, si vous en êtes dépourvue.

Photo Vivre en banlieue pas simple

Vivre en banlieue : Pas simple

Être citoyenne à part entière dans une commune dite sensible

Zone : avant, j’étais une personne traitée en citoyenne. Plus tard, j’ai déménagé
dans une zone à Z (ZEP*, ZUS*, ZSP*, etc.) ; j’ai l’impression d’y avoir
perdu ma carte d’identité, ma carte d’électrice, mes diplômes mais aussi, ma
dignité, ma citoyenneté. Bref, je suis devenue quelqu’un traité en personne à
problème … une présumée cas soc’. Mais rien d’irrémédiable car une simple
impression ou les pauvres pensées d’une victime de préjugés ne sont, au final,
que du vent !

Photo Vivre en banlieue pas simple

Être Citoyenne à part entière et Vivre en banlieue – Euh ! C’est compliqué.

Comme pour d’autres, la vie dans une commune dite sensible, n’est pas simple ; d’autant plus quand on a des enfants. Mon fils va dans une école primaire publique classée REP (nommée auparavant ZEP). Sans mentir, ça m’inquiète plus qu’autre chose : j’ai eu, pour ma part, droit à autre chose pour mon parcours scolaire. Alors, constater que ma progéniture a moins que moi, c’est déroutant et rageant. Normalement, la génération suivante doit avoir mieux que la précédente, non ? Cela dit, j’ai lu le commentaire d’un internaute, récemment. Sans le savoir, il a répondu à ma question avec son « Un jour, j’irai vivre en théorie car en théorie, tout se passe bien« .
Sauf que je ne sais pas où c’est, même Google Maps ne le localise pas. Plutôt que de déménager en théorie, je vais donc rester dans la pratique en veillant au grain, en étant aux aguets et en jouant l’instit’ bis de mon fils.

Concernant ma vie (perso. et pro.), je suis mon chemin, en dépit des « Tu vis dans un endroit qui craint. » et des « Ah bon ! Vous lisez ?! » [Ah bon ! Vous travaillez ?! ». Et le jour où Morta* coupera le fil de ma vie, j’aurai des souvenirs, pas des tonnes de regrets.

« Votre temps est limité, ne le gaspillez donc pas à vivre la vie de quelqu’un d’autre. Ne soyez pas prisonnier des dogmes, ce qui revient à vivre avec le résultat de la pensée des autres. »
Steve Jobs


* ZEP : Zone d’Éducation Prioritaire nouvellement nommée REP (Réseau
d’Éducation Prioritaire)
*ZUS : Zone Urbaine Sensible
*ZSP : Zone Sécurité Prioritaire
*Morta : Dans la mythologie romaine une des trois Parques ; Avec ses sœurs, Nona et Decima, elle tisse, déroule et coupe le fil de la vie.