Etat d’urgence et COP21 : des perquisitions et assignations à résidence suscitent la polémique.

[Avertissement : article parodique]

Les mesures prises lors de l’état d’urgence provoquent la multiplication de récits de perquisitions ayant mal tournées et des saisines de recours. Elles posent la question de savoir si la sécurisation de territoire n’entraîne pas une remise en cause du respect des libertés fondamentales.


 

2014-08-life-of-pix-free-stock-photos-bee-flower-Collecting-pollen

En marge de cet état d’exception permettant des perquisitions administratives sans passer par l’autorité et le contrôle d’un juge, les récits de faits portant à contestations se multiplient.

Dernier en date : la quadrature du miel nous rapporte le cas de cette ruche installée dans la métropole bordelaise. Après une perquisition musclée, la reine a été assignée à résidence. Suspectée d’être une activiste écologiste, elle se retrouve confinée dans sa ruche et a interdiction de se rendre sur la région Île-De-France, jusqu’au 11 décembre prochain.

« Je suis d’accord avec ce qui est mis en place avec l’état d’urgence. Nous avons besoin de davantage de sécurité. Je me sens également concernée par l’environnement. Nous, les abeilles, nous contribuons beaucoup au bon fonctionnement de la nature » nous affirme avec force cette reine qui a le soutien inconditionnel de tous ses congénères. « En aucun cas, je ne suis une activiste voulant perturber la COP21 » proteste-t-elle face à cette mesure qu’elle considère comme une injustice.

Déplorant le bad-buzz et le risque de stigmatisation, les frelons asiatiques, en solidarité avec leur cousine, ont créé une page de soutien sur Facebook tandis que le hashtag #jesuisabeille circule dans la twittosphère. D’autres initiatives similaires sont prévues sur les réseaux sociaux et la toile, l’interdiction de rassemblement sur l’espace public étant en vigueur.

Pour l’heure, la reine a déposé un recours auprès du tribunal pour faire lever son assignation.

Crédit photo : lifeofpix.com par Leeroy

Travailler à la CAF où il y a des cas soc’ ?

Du fait de mon domicile actuel, je me suis intéressée à la diffusion d’un reportage souhaitant faire un état des lieux de banlieues, 10 ans après les émeutes de 2005.

Je regardais tranquillement ce reportage quand soudain, à la 37ème minute et 44 secondes …

Extrait de l'émission Bondy Blog diffusé le 9 novembre 2015 - 22h20 sur France Ô

Extrait de l’émission Bondy Blog diffusée le 9 novembre 2015 – 22h20 sur France Ô

La jeune femme ci-dessus dit :

J’aimerais bien travailler à la CAF où il y a des cas soc’. Moi j’aime bien voir les cas soc’ un peu. Genre aider un peu ! Tu vois, même, quand je suis au guichet des fois. Je me prends pour genre – Non, il faut aller là et tout -. J’aimerais bien faire ça, on verra.

Travailler à la CAF où il y a des cas soc’ ?!

Euh ! Comment dire ? Cette demoiselle m’a choquée, interloquée et déconcertée.

Contexte : cette jeune femme est bachelière. Elle travaille tout en réfléchissant à une reconversion professionnelle. Elle souhaite trouver un nouveau job, en accord avec son emploi du temps de vie de maman élevant en solo ses 2 petits garçons.

Je ne connais pas l’intégralité de la vie de cette maman mais je me doute qu’elle doit être, comme beaucoup de concitoyens, allocataire de cette fameuse Caisse des Allocations Familiales. Sans être devin, elle a droit à l’APL (logement) et les Allocations Familiales (car 2 enfants à charge).

Bref, c’est moi ou cette jeune femme s’est donc « auto-traitée » de cas soc’ alors que le reportage où elle apparaît cherche, entre autres, à casser les préjugés sur les habitants de banlieue traités souvent comme des citoyens de 2nde zone et de … cas soc’.

Sinon, si un jour cette femme me lit, je souhaiterai lui dire :

Non, Madame, les gens qui contactent ou se déplacent à la CAF ne sont pas obligatoirement des cas sociaux. Il y a, certes, des personnes qui sortent des cadres, dans la marginalisation et/ou perdues dans tout ce qui est « paperasse » : on ne va pas se mentir. Mais de là à faire des généralités.

Au fait, Madame, la CAF concerne aussi des citoyens lettrés, des diplômés, des travailleurs, des entrepreneurs, des allocataires bien insérés et contributeurs de cotis’ qui alimentent le budget de cette même CAF dont vous parlez.

J’ajoute à cela des personnes qui sont autonomes et aptes à effectuer leurs démarches administratives. (Voir un post précédent sur ce sujet)

En 1998, j’ai emménagé dans une résidence étudiante. Fraîchement majeure et ne vivant plus au domicile des parents, j’ai donc fait un dossier d’Allocation Logement à la CAF. Je l’ai accompagné de toutes les pièces justificatives demandées, sans aucune difficulté. Puis, plus de nouvelles : pendant 8 mois, les 3/4 de ma bourse étudiante (CROUS) ont payé mon loyer (hors carte de bus, resto U, mutuelle santé, etc.). Avant de trouver un job étudiant à côté, j’ai donc mangé des pâtes, des pâtes et même pas des Panzani.

Pourquoi ? Parce que je n’avais pas coché la case [Mademoiselle] et c’est tout. Le reste du dossier était parfaitement rempli.

Alors, Madame, s’il vous plaît, par pitié même, ne choisissez pas un métier requérant des qualités humaines et du pragmatisme, si vous en êtes dépourvue.

Vous avez dit Démarches Administratives ?

Odyssée : pas mal de démarches administratives ressemblent à ce type de péripéties. Tels des Ulysse, la plupart des usagers y rencontrent des difficultés, non pas qu’ils soient idiots et illettrés (ou atteints de phobies) mais parce que ces aventuriers administratifs sont plutôt confrontés au « Pourquoi faire simple qu’on peut faire compliqué ? ».

Cela dit, on promeut la simplification via la révolution numérique des administrations comme les Impôts, les Assurances Maladie, la CAF, etc. C’est bien tant qu’on n’a pas affaire aux bugs et autres :

Par exemple, j’ai créé mon espace sur le site du RSI (Régime Social des Indépendants) puis je devais recevoir la confirmation de création de ce compte, en 2012. Formidable : ainsi, moins d’arbres sacrifiés pour des échanges épistolaires soutenus via courriers, relevés de remboursement, etc. et davantage de rapidité pour les démarches administratives avec mon assurance maladie.
… Sauf l’e-mail de confirmation n’est jamais arrivé, mon message de réclamation via le formulaire de contact a obtenu aucune réponse et mon coup de fil a abouti sur un « On va faire quelque chose pour y remédier » après moins de 3 minutes de conversation formatée par un centre d’appel extérieur au RSI et facturée 0.15 centimes/minute + coût de l’opérateur.
Bref, nous sommes en 2015, j’attends toujours l’accès à mon compte numérique.
NB : Je ne reçois plus de relevés papier. Au moins les arbres y trouvent leur compte, eux 🙂